En Suisse, un divorce ne marque pas seulement la fin d’une relation. Il représente souvent un tournant financier majeur, particulièrement pour les femmes. Et la retraite n’échappe pas à l’impact. Préparer sa retraite après une séparation, c’est reprendre le contrôle de son avenir. Voici ce que chaque femme devrait savoir.
Le divorce, un choc financier sous-estimé
En Suisse, 40 % des mariages se soldent par un divorce. Et si l’impact émotionnel est évident, le volet financier reste souvent relégué au second plan — à tort. Lors d’une séparation, la question de la prévoyance professionnelle (2e pilier) est centrale. Beaucoup de femmes découvrent alors qu’elles n’ont pas cotisé de manière équivalente à leur conjoint, souvent en raison de pauses de carrière ou de temps partiel.
🔎 Chiffre clé : En 2023, les femmes suisses touchaient en moyenne 37 % de moins que les hommes en rentes du 2e pilier, selon l’OFS. Une inégalité amplifiée en cas de divorce.
Ce que dit la loi suisse sur la retraite après divorce
La loi suisse prévoit un partage des avoirs de prévoyance professionnelle (LPP/2e pilier) entre les époux. Mais attention : ce partage concerne uniquement les avoirs accumulés pendant le mariage. Si l’un des deux partenaires avait déjà un capital important avant le mariage, celui-ci ne sera pas divisé.
Et qu’en est-il de l’AVS (1er pilier) ? Une compensation des revenus est prévue pour équilibrer les rentes AVS des conjoints. Toutefois, cela ne garantit pas un niveau de retraite confortable.
Les conséquences concrètes pour les femmes
- Une baisse significative du niveau de vie à la retraite
- Une rente AVS souvent insuffisante pour vivre dignement
- Une nécessité accrue de reconstituer un capital par ses propres moyens
C’est pourquoi il est essentiel d’agir rapidement, même si la séparation est encore récente ou en cours.
À retenir
- Le partage du 2e pilier est un droit, pas une faveur : faites-le valoir.
- Pensez à vérifier vos lacunes de cotisations AVS et à les combler si possible.
- La prévoyance individuelle (3e pilier) devient votre meilleure alliée après un divorce.
Quelles solutions pour reprendre la main ?
1. Faire un bilan de sa situation de prévoyance
C’est la première étape. Où en sont vos rentes AVS, LPP, 3e pilier ? Avez-vous récupéré votre part du 2e pilier lors du divorce ? Est-elle déjà investie, ou dort-elle sur un compte ? Ce bilan permet de voir ce qu’il vous manque pour atteindre une retraite stable.
2. Ouvrir un pilier 3a sans attendre
En tant que femme divorcée, le pilier 3a devient votre outil principal pour capitaliser de manière fiscale avantageuse. Il peut être investi en fonds (avec profil de risque) ou sécurisé (compte d’épargne classique). Plus vous commencez tôt, plus l’effet cumulé du temps joue en votre faveur.
3. Investir son capital récupéré
Si vous avez touché une somme issue du partage du 2e pilier, la laisser dormir sur un compte est une erreur coûteuse. Aujourd’hui, il est possible d’investir selon ses valeurs, son âge et ses objectifs. Même sans expérience, il existe des solutions simples, pensées pour les femmes.
4. Se faire accompagner
La retraite est trop importante pour naviguer à vue. Un coaching financier personnalisé permet d’adapter votre stratégie à votre nouvelle réalité : revenus, enfants à charge, logement, etc.