La taille d'une société apporte une première indication sur certaines caractéristiques de l'investissement, notamment sa liquidité, c'est-à-dire la facilité à acheter ou vendre ses actions, et sa volatilité, l'ampleur des variations de son cours. Elle ne garantit toutefois ni sa solidité ni sa performance future. Voici ce qu'il faut vraiment comprendre avant de vous fier à ce seul critère.
Qu'est-ce que la capitalisation boursière ?
La capitalisation boursière correspond au prix actuel d'une action multiplié par le nombre total d'actions en circulation. Elle sert de repère pour comparer la taille des sociétés cotées.
Prenons une société fictive dont l'action vaut 50 CHF et qui compte 40 millions d'actions : sa capitalisation atteint 2 milliards de francs. Si le cours passe à 60 CHF, elle monte à 2,4 milliards, sans que l'entreprise ait changé de taille réelle.
On distingue ainsi les grandes capitalisations, souvent perçues comme des placements plus stables, et les petites capitalisations, qui peuvent offrir un potentiel de croissance plus élevé, en contrepartie d'une volatilité plus marquée.
Ces deux catégories jouent un rôle différent dans la construction d'un portefeuille. Comprendre ce qui les distingue permet à un investisseur de mieux repérer les opportunités qui s'offrent à lui, tout en gardant une vision claire des risques associés à chacune.
Quels sont les principaux ordres de grandeur ?
Il n'existe pas de seuils universels pour classer les entreprises. Les montants ci-dessous sont des repères indicatifs, publiés par la FINRA, le régulateur des courtiers américains, et exprimés en dollars. Ils peuvent varier selon les marchés et les méthodologies.
- Méga-capitalisation : 200 milliards de dollars et plus
- Grande capitalisation : de 10 à 200 milliards de dollars
- Capitalisation moyenne : de 2 à 10 milliards de dollars
- Petite capitalisation : de 250 millions à 2 milliards de dollars
- Micro-capitalisation : moins de 250 millions de dollars
Ces catégories restent relatives et non figées.
En Suisse, les indices de SIX, la bourse suisse, donnent un autre repère : le SMI réunit les plus grandes sociétés, le SMIM les 30 suivantes, et le SPI Extra toutes les sociétés du SPI hors SMI, c'est-à-dire les petites et moyennes capitalisations.
Les grandes capitalisations (large caps)
On parle de grande capitalisation pour désigner les entreprises cotées dont la valeur boursière dépasse 10 milliards de dollars. En Suisse, des groupes comme Nestlé, Roche ou Novartis en font partie.
Parmi les grandes capitalisations, certaines sont qualifiées de « valeurs vedettes » ou de « blue chips » en raison de leur taille, de leur notoriété et de la liquidité importante de leurs actions. Les blue chips suisses sont ainsi les noms que l'on retrouve en tête du SMI, l'indice phare de la bourse suisse. Leurs équivalents figurent dans le CAC 40 pour la France ou dans l'EURO STOXX 50 pour l'Europe.
Mais une grande capitalisation n'est pas pour autant à l'abri de tout risque. L'histoire de Wirecard le rappelle : intégrée au DAX en 2018 et autrefois présentée comme l'un des fleurons de la fintech européenne, l'entreprise s'est effondrée en 2020 à la suite d'un important scandale comptable. En juin de cette année-là, elle a demandé l'ouverture d'une procédure d'insolvabilité, quelques jours après avoir reconnu que 1,9 milliard d'euros inscrits dans ses comptes n'existaient probablement pas.
La leçon à en tirer est simple : la taille d'une entreprise ne garantit jamais la qualité d'un investissement. Faire ses propres recherches reste indispensable, y compris en s'intéressant à des sociétés plus petites, qui peuvent aussi avoir leur place dans un portefeuille diversifié.
Les petites capitalisations (small caps)
Comme leur nom l'indique, les petites capitalisations affichent une valeur boursière bien plus modeste, généralement comprise entre 250 millions et 2 milliards de dollars.
On les retrouve dans tous les secteurs d'activité et à tous les stades de développement, y compris en Suisse, où l'on en trouve une bonne partie dans le SPI Extra, aux côtés des capitalisations moyennes.
Contrairement à une idée reçue, les petites capitalisations ne sont pas systématiquement de jeunes start-ups. Beaucoup sont au contraire des entreprises bien établies, avec un historique solide et une situation financière saine. C'est justement leur taille plus réduite qui leur laisse, en théorie, davantage de marge de progression.
Quelles sont les caractéristiques des grandes capitalisations ?
Au-delà de leur taille, les grandes capitalisations sont généralement des entreprises anciennes et bien établies. Ce sont souvent des leaders de marché, avec des marques largement reconnues du grand public.
Parce qu'elles sont souvent plus matures et disposent parfois de revenus mieux établis, certaines grandes capitalisations versent des dividendes réguliers. Ce n'est toutefois ni systématique ni garanti.
Quels sont les risques liés aux petites capitalisations ?
Les petites capitalisations peuvent offrir de belles perspectives de croissance. Elles comportent aussi des risques spécifiques, surtout en matière de volatilité et de liquidité.
Leur volatilité, d'abord, est généralement plus élevée : les variations de prix, à la hausse comme à la baisse, peuvent y être plus marquées que sur des valeurs plus importantes. Un volume d'échanges plus faible suffit souvent à faire bouger leur cours de façon marquée, parfois même au cours d'une seule journée de bourse.
Ensuite, ces titres sont souvent moins liquides et moins échangés, avec des écarts entre prix d'achat et de vente plus larges, ce qui peut rendre l'entrée ou la sortie d'une position plus coûteuse. C'est le genre de nuance qu'il vaut mieux connaître avant d'investir plutôt qu'après une première mauvaise surprise.
Quelle place pour les petites capitalisations en Suisse ?
En Suisse, quelques très grandes entreprises dominent la bourse. Savoir ce que pèsent vraiment les petites capitalisations aide à comprendre ce que contient un placement en actions suisses.
Un marché porté par quelques géants
Selon SIX, les 20 plus grandes sociétés cotées, réunies dans le SPI 20, représentent environ 80 % de la capitalisation totale du marché suisse. Le SPI, qui couvre plus de 200 sociétés, reste donc largement porté par une poignée de grands noms. Concrètement, un fonds qui suit le SPI investit surtout dans de grandes capitalisations. Les petites sociétés y sont présentes, mais leur poids reste faible.

Passer par un fonds plutôt que par une seule action
Pour un investisseur particulier, choisir soi-même une petite entreprise demande du temps et des connaissances, et le risque de se tromper est élevé. Un fonds qui investit dans de nombreuses petites et moyennes sociétés répartit ce risque sur des dizaines de titres.
Il ne supprime pas la volatilité, mais il évite de tout miser sur une seule entreprise. Dans tous les cas, la part consacrée aux petites capitalisations se décide selon votre horizon de placement et votre tolérance aux variations.
Conclusion
Ce qu'il faut retenir tient en une phrase : la capitalisation boursière apporte des informations utiles sur la taille d'une entreprise et sur certaines caractéristiques de son action, mais elle ne suffit pas à déterminer la qualité d'un investissement.
Les grandes capitalisations offrent souvent davantage de liquidité, les petites un potentiel de croissance plus élevé, au prix d'une volatilité plus marquée.
Pour faire un premier pas dès aujourd'hui, essayez cet exercice :
- Choisissez trois entreprises suisses que vous connaissez.
- Retrouvez leur capitalisation boursière sur le site de votre banque ou d'une plateforme financière.
- Vérifiez si elles figurent dans le SMI ou dans le SPI Extra.
Vous verrez vite que la taille ne dit pas tout, et c'est déjà un bon réflexe d'investisseur.
Pour commencer : le Parcours Fondations de l'Académie, accessible gratuitement, vous aide à poser les bases.
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FAQ
Une petite capitalisation est-elle forcément une jeune entreprise ?
Non. Beaucoup de petites capitalisations sont des entreprises bien établies, avec plusieurs années, voire décennies, d'existence. Leur taille modeste tient surtout à leur secteur d'activité ou à leur stratégie de croissance, pas nécessairement à leur ancienneté. Pour les juger, leur modèle d'affaires et leur santé financière comptent bien plus que leur âge.
Faut-il éviter les petites capitalisations si l'on débute en bourse ?
Pas nécessairement. Leur pertinence dépend du profil de risque de votre portefeuille, de votre horizon de placement et de votre niveau de diversification. Mieux vaut toutefois comprendre leur volatilité et leur liquidité potentiellement plus faibles avant d'y investir, et éviter d'y concentrer une part importante de son épargne.
Les grandes capitalisations sont-elles à l'abri des crises ?
Non. Leur taille et leur solidité apparente ne les protègent pas d'un effondrement, comme l'illustre l'exemple de Wirecard, entrée au DAX deux ans à peine avant sa demande d'insolvabilité. Une grande capitalisation reste un investissement à part entière, qui mérite d'être analysé comme tel.
Peut-on combiner petites et grandes capitalisations dans un même portefeuille ?
Oui. Combiner plusieurs tailles d'entreprises permet de diversifier l'exposition du portefeuille entre des sociétés présentant des caractéristiques différentes. Cette diversification peut contribuer à mieux répartir certains risques, sans toutefois supprimer le risque de perte. Un ETF qui suit un indice large, comme le SPI, réunit d'ailleurs des sociétés de toutes les tailles, même si les plus grandes y pèsent le plus lourd.
Comment savoir dans quelle catégorie se situe une action ?
Il suffit de multiplier le prix actuel de l'action par le nombre total d'actions en circulation. Ce chiffre, la capitalisation boursière, est généralement disponible directement sur les principales plateformes financières, ou dans les pages destinées aux investisseurs de l'entreprise elle-même.
⚠️ Avertissement important ⚠️
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre purement informatif et éducatif. Elles ne constituent en aucun cas une recommandation personnalisée, un conseil en investissement, une offre ou une sollicitation d'achat ou de vente de produits financiers.
Toute décision d'investissement doit être prise après une analyse approfondie de votre situation personnelle, de vos objectifs et de votre profil de risque, et peut nécessiter l'avis d'un conseiller financier agréé.
Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs. Les investissements comportent des risques, notamment le risque de perte en capital.